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 Pages déchirées au hasard

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Samedi

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MessageSujet: Pages déchirées au hasard   Mar 10 Fév - 11:35


01 - Rudra  -  sanskrit. "féroce/hurleur/rugissant", le destructeur.


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"I am the first"
Je suis l'Amant

(Il y a deux semaines - Sanctuaire Kodan - Détroit des gorges glacées)

Il n'y a que nos souffles haletants qui brisent le silence. Mais aucun mot, aucune parole.
J'ai toujours aimé ce moment béni entre nous. Ou, épuisés, nous arrêtons notre danse et restons simplement là. Enlacés. Comme un seul être et fourbus. A lentement revenir dans la réalité. Ce moment ou il n'y a rien. Plus rien. Juste toi et moi. Timidement, l'un d'entre nous va finir par essayer de s'exprimer. Mais toujours silencieusement. Cette fois c'est toi... Je ressens au fond de moi l'affection que tu me transmet. L'amour qui fait vibrer notre lien invisible. Ta satisfaction d'être là, d'avoir à nouveau partagé ça avec ton compagnon.

Parfois tu sais, j'ai envie de pleurer. De laisser aller mes larmes contre ton écorce claire, Sjarm.
Nous avons traversés tant de choses ensemble. Tu as vu les tréfonds de mon âme, qui je suis réellement, et tu m'as accepté. J'ai vu l'abîme immonde dans ton passé qui te hante, et j'ai pris ta douleur.

Toi la jeune pousse, et moi la vieille branche.
Qui l'aurait cru ?

Je n'ai pas envie de te laisser partir. Dans le froid de la pièce, la chaleur de nos corps est trop confortable. J'inspire, ton odeur, et expire un soupir. Toi aussi, tu penses la même chose. A un moment, il faudra bien que nous nous décidions à se séparer, se lever, effacer les traces de ce moment, se rhabiller et rejoindre Porté-Par-Les-Vagues pour faire nos adieux. Tu feras une remarque taquine que le jeune Kodan ne comprendra pas, et me feras rougir et bagayer. Tu répondras avec ton petit sourire adorable, et cette étincelle de malice dans tes yeux que je reconnais à chaque fois, qui augure la prochaine fois ou nous serions seuls. Et ton optimisme increvable, ta jeune innocence malicieuse, me fera te céder à chaque fois... Malgré tout ce que tu traverses et ta souffrance que j'ai partagé. Je ne sais pas comment tu fais pour vivre encore avec ton sourire. Mais je serais là. Je serais toujours là. A tes côtés.
Pour me battre à chacun de tes combats. Rire à chacun de nos méfaits. Je pleurerais à chacune de tes peines. Je chercherais à te raisonner, doucement, à chacun de tes doutes. Je t'enlacerais à nouveau à chacun de ces regards, voilés par l'attente de notre chaleur, que tu me lanceras.

Tu finis par briser le silence. Tes doigts se crispent un peu quand tu te relève et nous sépare enfin. Un bref baiser sur ton front, et je te laisse partir vers la bassine d'eau.

Je m'allonge sur le lit sans même me soucier d'enfiler un quelconque vêtement, fermant les yeux, essayant de retarder le plus possible le moment ou je devrais revenir dans la réalité de notre situation.
Essayant de repenser à ta voix, tes émotions, ta chaleur
Essayant d'oublier ce bref instant, ou dans notre extase, j'ai senti...
... Deux monstres, au fond de nous, s'effleurer dangereusement.
 
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"I am the second"
Je suis le Magistrat déchu

(Il y a huit mois - Prieuré de Durmand)

Devant moi, aucun d'entre vous n'a de visage.
Vous n'êtes qu'une assemblée de spectres blafards.
Les trous vides qui vous servent de bouches se tordent, grotesques, sans que je n'entende vos mots, que je connais de toutes façons déjà. Mais j'entend battre vos coeurs, j'entends le tambour de votre sang qui s'écoule dans vos veines, et irrigue votre chair, et je passe ma langue sur mes lèvres trop sèches. Vos yeux sans vie, dont j'arrive à peine à distinguer les contours, ne m'intéressent pas. Mais la brûlure du jugement qu'ils lancent me gratte l'écorce.

Seul l'intendant semble se détacher du reste. Comme si derrière le voile ténébreux et invisible qui recouvrait mes yeux, son souvenir me maintenait encore à l'intérieur de moi même. Son regard, à lui, ne traduit pas le jugement. Il secoue la tête. Attristé. Il fixe les liens qui maintiennent mes poignets, ne semblant pas approuver. Mais il sait qu'il n'a aucun pouvoir de convaincre les envoyés du Pacte de me les enlever. Pas après ce que je j'avais fait. Pas dans l'état dans lequel j'étais. J'essaye de répondre à son regard. De lui faire passer un appel à l'aide. Mais mes yeux sont morts.

Ce n'est plus moi dans ce cadavre qui respire.

J'essaye de me souvenir des paroles de Ledwen avant que je ne sois ramené sur le continent. C'est le moment ou je dois avoir l'air sain. Ou je dois montrer que je suis encore là. Que je n'ai pas complètement cédé. Le Prieuré ne sacrifierait pas un bon Magistrat sans s'être assuré qu'il soit complètement perdu.

Je me souviens de comment à commencé cette longue marche funèbre.

"Affirmez vous donc être suffisamment sain d'esprit pour être ramené au Prieuré de Durmand, ou vous serez mis en observation et interrogé, et ou les personnes responsables décideront de votre sort ?"

Oui, je l'accepte.

"Si les craintes du Prieuré et de vos confrère Sylvaris se confirment, Magistrat Mritunjaya, vous serez ramené au Bosquet sur le champ et remis aux Protecteurs, ou vous serez exécuté."

Montre que tu es sain, montre que tu es calme. Les trois quart de cette assemblée est déjà persuadée que j'ai complètement perdu l'esprit. Et les murmures vont bon train. Oh, qui aurait cru, qui aurait imaginé ? Je vois des collègues que je pensais être des amis me regarder avec crainte et pitié, comme si j'étais devenu un animal. Mes poings se serrent. Les bras des gardes sur mes épaules aussi. J'entend cette voix à nouveau dans ma tête fredonner ma marche funèbre, et me réclamer de céder encore.

Tais toi. Je dois rester calme. Leurs montrer que je suis sain. Gixx hoche tristement la tête, se résolvant à ce qu'on m'emmène. Mais mon calvaire n'était pas terminé.

Grondeterre plante sa face de Charr devant moi, je sens le désir à l'intérieur de mon esprit se remettre à feuler. Ses babines déformées par ses crocs se mettent à danser, quand il articule à nouveau ses mots plein de venin, de provocation, de reproches.

"Tu sortiras pas debout d'ici après ce que t'as fait, espèce de malade"

Tais toi tais toi tais toi tais toi tais toi

"Je m'en assurerais...."

Sa main griffue qui m'attrappe le menton, le désir me submerge à nouveau, je me sens partir loin encore, le voile retombe et mes mains tremblent dans l'attente...

".... Personellement."

... De ton erreur.
La bête lâche un rugissement inhumain, ouvre la bouche et enfonce ses dents dans les poils de ta main. Qui aurait soupçonné cette force dans ce corps maigre ? Il ignore tes cris et déchire ta chair, sa langue vient se frayer un chemin entre ton pelage pour recueillir ton sang.
Tu le frappes avec tes griffes, la sève coule, mais le son qui sort de sa bouche est un gémissement d'extase et de plaisir devant la douleur que tu provoques.
Et tu as peur. ça te fais peur.
Mais ça ne dure pas longtemps. On me tire en arrière, et mes jambes cèdent. Je pend à moitié comme un pantin cassé entre les bras de mes gardes, je ne sais plus vraiment ou je suis maintenant, même l'assemblée de spectres et la silhouette de Gixx et de Grondeterre semblent floues et lointaines.

Le désir m'enveloppe de sa noirceur, satisfait du liquide chaud qui coulait encore sur mon menton. Il se saisit de mes lèvres et de ma voix, pour rire. Est ce que c'est ma voix ? On me redresse, mais je ne me relève pas. Je n'y arrive pas.

Les regards se désolent encore plus.
Mon rire de demeuré meurt alors qu'ils commencent à me traîner.
Je sens ma sève couler un peu et les picotements de la griffure que Grondeterre m'avait infligée...
Et je perd connaissance à nouveau.
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"I am the third"
Je suis le Monstre

(Il y a neuf mois - Orr)

Je ne me souviens plus précisément du moment ou j'ai atteint le point de non retour.

Nier les choses ne les arrêtent pas. Et tôt ou tard, dans un éclair de lucidité bref et intense, on réalise que l'on a sombré. Et qu'il est trop tard pour faire demi tour.
C'est aussi simple que ça.
C'est cette simplicité qui est terrifiante.

Non, il n'y a pas eu d'histoires de complot, de sortilège ou d'artefact empoisonné. Pas de combat épique ayant laissé une cicatrice ou une malédiction dans l'âme, la chair ou le nom. Non. Rien de tout ça.
Juste moi. Pitoyable. Seul. Triste. Désespéré. Loin de chez lui, de la chaleur des siens et du Bosquet.
Et cette chose en moi que ce silence et ce désespoir intérieur avait réveillé.

Je ne me souviens plus précisément du moment ou j'ai atteint le point de non retour.

Tu m'as tendu la main, et il l'a prise. Il l'a prise si fort que tu as eu l'impression qu'il voulait te la déchirer. Et le cliquetis des chaînes qui s'abattent sur ton crâne, ce corps aux vêtements que tu déchires te chevaucher alors que tu es au sol. Il attrappe tes poignets pour les maintenir sur le sol froid et mort, écrasant un corail au passage qui mord cruellement dans ta chair végétale.
Tu lèves les yeux vers ce visage d'écorce que tu pensais connaître.
Est ce que tu as peur, Chandhi ?
Oui, tu as peur. Tu es terrifié. Et il adore ça. Il en glousse de plaisir comme un animal satisfait, il veut que tu ressentes ça aussi. Ce moment ou cette voix à l'intérieur commence à te murmurer des choses qui deviennent de plus en plus tentantes, et caresse doucement ton esprit, transforme ta douleur en plaisir, jusqu'à ce que tu te vautres dedant de tout ton être, dans ce plaisir noir, sale et honteux, et là, c'est là que cette noirceur, cachée, insoupçonnée dans ton silence dépressif, s'élève, elle prend tes mains, elle prend ta bouche, ton visage, ta voix, et ensuite Chandhi, ensuite, laisse moi te montrer, laisse moi t'expliquer, Chandhi....

Je ne me souviens vraiment plus du moment ou j'ai atteint le point de non retour.

Peut être que c'était le moment ou il a eu l'envie pressante et fulgurante de plonger ses crocs dans ta chair. Un baiser mortellement sensuel dans ton cou. Les lèvres qui te caressent, et les dents qui te déchirent. Un liquide paresseux et épais remplit cette bouche qui ne semble plus être la mienne. Ta sève a soudainement le goût du plus délicieux des nectars.

J'étais là, mais en même temps je n'étais pas là.
C'était moi, mais en même temps ce n'était pas moi.
Je suis un spectateur, un voyeur, prisonnier du silence, muet au fin fond de son propre esprit.
Je regardais faire ce Rudra qui n'était pas moi.

Je ne détourne même pas le regard quand il enfonce ses doigts dans ton ventre. Et tu le regarde sans comprendre. Tes yeux deviennent vitreux. Ta bouche entrouverte laisse s'échapper quelques filets de sève dorée, avec laquelle tu tentes de ne pas t'étouffer.

Tu restes là. étendu. Mourant. Offert à cet animal.
Et il répand tout ce que tu es sur le sol, avec ses mains et ses dents, en rugissant et en hurlant dans la lumière blafarde de l'après midi Orrien.

Quand est ce que j'ai atteint le point de non retour ?

Peut être quand Saul et Grondeterre sont venus en courant. Se sont figés d'horreur devant la scène. Peut être quand le Charr l'a saisi et plaqué contre la roche, en hurlant des mots incompréhensibles. Grondeterre le frappe et je sens une nouvel onde de plaisir m'atteindre, et ce rire, et ces mains qui agrippent la fourrure du guerrier de la citadelle noire, il approche son visage des poils maculés de sang, entrouvre ses lèvres pour goûter cette nouvelle chair, sentant monter la curiosité malsaine, et toute l'excitation de la découverte d'une chose interdite. Quel goût a le sang de Charr, Chandhi ? Chandhi ? Pourquoi tu ne me réponds plus ? Tu ne veux pas essayer ?

"MRITUNJAYA !"

Est ce que c'est.... C'est mon nom ça ? Non ?

"ESPECE DE MALA -"

Attendez... C'est... Mon nom n'est ce pas ?

"REGARDE MOI DANS LES YEUX, ESPECE DE TARE, MAIS QU'EST CE QUE TU FOUS ?!"

ça y est, ça y est c'est là. Je crois que c'est là.
Quand j'ai levé les yeux vers lui, et que j'ai compris que c'était mon regard. Que c'était mes mains, mon corps. Quand je suis revenu, et que j'ai réalisé que c'était sur mes doigts qu'il y avait du sang, que c'était mes vêtements qui étaient déchirés, que ce goût amer dans ma bouche était celui de la chair de mon ami.
Cette chose monstrueuse c'était moi.
Que j'avais cédé, qu'il était là maintenant, il avait planté ses racines à l'intérieur, murmurait inlassablement.

Mes yeux sont lucides maintenant. J'ai l'impression que pendant une seconde le temps s'est arrêté.

Je crois que c'est à ce moment que j'ai réalisé que j'avais atteint le point de non retour.

Juste avant qu'il me frappe à nouveau. Mais cette fois, plus de plaisir, juste de la douleur.
Et l'inconscience.

Ceci a été le point de départ de mon histoire.
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Samedi

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MessageSujet: Re: Pages déchirées au hasard   Jeu 12 Fév - 11:15


02. Athorpa- "He's got a blade for a tongue and snakes for eyes, and his hands on the handles of a hundred knives"

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“I want you to…. You open your mouth
Because I want you to…. You dance on my heart
Because I want you to… you choke on my words
Because I want you to… I want you to !”

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(Forêt de Caledon - Il y a une semaine)
Depuis que l'on se connaît, tu ne fais que ressasser ce détail. ça m'amuse, et me frustre à la fois. Tu es tellement intelligent, tellement expérimenté, tellement formaté par ton devoir, par les notions de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas, à me te traiter presque avec la condescendance d'une vieille branche sur un nouveau né.

Ce qui me fait rire, Tiglio...
C'est que je ne suis pourtant pas plus jeune que toi.

Tu ne connais ni mon vrai nom ni mon âge, et de cette conversation cordiale et respectueuse, nous en étions encore arrivés à ton sujet de conflit favori. Pourquoi tu te sens obligé de ressasser ce petit détail à nouveau ?

"Tu as brisé sa vie Athorpa, tu as brisé la vie de ton disciple !"

Tant d'attachement à cette petite pousse hypocrite qui de toutes façons était parti il y a bien, bien des années. Me laissant même la mort en cadeau. Tu ne la vois pas Tiglio ? Elle me dévore le visage. Chaque jour elle progresse sur mon écorce, infecte ma chair et me rapproche de l'échéance. Et chaque fois que je vois mon impuissance, ma fierté se prend un coup dans la figure, et l'adage se joint au sourire ironique que tu vois constamment orner mes lèvres: L'élève ingrat a bien dépassé le maître empoisonneur, finalement.

Mais mes paroles évasives et à demi moqueuses ne t'apaisent pas. Pourquoi tu tiens tant à coeur à ce jeune imbécile ? Qu'est ce qu'il est pour toi, Tiglio ? Ton élève, un amant, ton ami ? Ne me fais pas rire !

"Isha était trop jeune, trop jeune pour ce que tu lui as fais !"

J'ironise encore sur ta définition de la jeunesse, m'amuse de ta réticence à prononcer le mot désignant l'acte. ça ne te calme pas. Mais ce n'était pas mon but, que tu te calmes de toutes façons. J'adore te voir comme ça... Si impuissant, si impliqué, si... Prisonnier. Tu fulmines presque en serrant les poings, posant cette dernière question:

"Pour l'amour de notre Mère.... Quel âge avait il ? Quel âge avait il quand tu l'as... Quel âge ?!"

Mes lèvres s'étirent, mes yeux de glace croisent les tiens, ambrés, dans la lumière de l'après midi à Caledon. Je fouille dans mes souvenirs pour me rappeler cette fois là... Oh, j'en ai fais des choses dans ma vie Tiglio, tu n'imagines même pas. Mais cette fois là a une place particulièrement spéciale pour moi. Bien sûr que je connaissais son âge exact. Et je te réponds, comme si c'était parfaitement normal:


Oh... Trois, ou quatre mois, je ne sais plus ?

Je te vois fulminer. Et je ne peux pas m'empêcher d'ajouter un peu d'huile sur notre jeu...

Tu sais Tiglio, après ça, il m'en a même redemandé. Et je l'ai refait.

C'est fascinant notre relation Tiglio. On dirais presque un vieux couple d'humains. A passer de l'amour à la haine pour des futilités.
Mais cette fois j'ai sous estimé ta colère intérieure, que mon esprit silencieux ne pouvait pas sentir. J'ai dégainé mes aiguilles, mes dagues, tu as attaqué le premier bien sûr... Et nous avons dansés, j'ai dansé avec ta colère, mais j'ai...
... Raté un pas.

Mon bouclier ne m'a pas protéger contre l'éboulis que tu as jeté sur moi. J'ai crié comme un animal quand j'ai senti l'écorce de ma jambe gauche émettre un craquement dégoûtant, broyée, faisant gicler ma sève sur le sol aux alentours.

Le silence est retombé. De l'amour à la haine à l'amour... à la haine à l'am...

Malgré la douleur, j'ironise à nouveau. Allez Tiglio, tu peux me tuer maintenant. C'est ton occasion d'appeler les Protecteurs, de venger ton très cher Isha. Mais tu ne le fais pas. Et c'est même nos efforts combinés qui me permettent de m'extirper la jambe du rocher.

Je me traîne vers toi en évitant de regarder ma jambe probablement éclatée, déchirée par le choc. Je m'effondre à moitié contre toi, et je commence à panser les blessure que je venais de t'infliger.

Nous sommes vraiment deux grands imbéciles, pas vrai ?

Tu ris, en me demandant pourquoi je faisais ça. Oui c'est stupide. Complètement stupide. On vient de se battre avec toute la haine du monde, et voila qu'on panse mutuellement nos blessures, comme ça.
Tu aimes la manière douce, ou la manière forte, second né ?
Ton regard et ton sourire parle pour toi, je te plante l'aiguille dans l'épaule, ça devrais neutraliser le poison.

"Il va... Probablement falloir amputer"

Oh ferme là, tais toi un peu, je ne veux pas y penser. Je suis occupé. Fiches moi la paix.

Pourquoi tu t'acharnes...

Mes yeux se voilent. J'ai trop mal. Trop perdu ma sève. Mais je continue à m'acharner sur toi avec les pansements.

... à ressasser ce genre de choses...

Je m'affaisse. Je n'en peux plus.

... Tiglio ?
-----

“I want you to… you give it away
Because I want you to… take it away
Because I want you to…. You kiss on the lips
Because I want you to… I just want you to !”

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(Camp de la Cour des Cauchemar - Il y a 5 ans)

Maintenant que vous êtes arrivés jusqu'ici, petites pousses, je vais vous énoncer clairement les règles.

Vous vivrez avec moi ici. Pour tout le temps que votre formation prendra.

Tant que vous serez sous ma responsabilité, aucun membre de la Cour ne vous fera de mal.

Aucun d'entre vous ne devra partir de ce camp sans mon autorisation.

Vous ne pouvez pas renoncer à être mes élèves. Jamais. Sauf si je vous libère moi même. Et sauf si vous terminez votre formation.

Ce que vous faites des connaissances que je vous transmet... Ne me concerne pas. Contentez vous de les assimiler. De les répandre. Je me moque que ce soit à la Cour ou au Bosquet.
A tout moment, par tout temps...
... Vous devrez toujours, et sans poser de questions...
M'obéir.

Maintenant ouvre la bouche.



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Samedi

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MessageSujet: Re: Pages déchirées au hasard   Mer 18 Fév - 21:35


03. 54|48F-SN - "48 heures, 2880 minutes, 172 800 secondes, 4 repas et 8 bonbons bizarres"

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"All natural and technological
Processes proceed in such
a way that the availability of the
remaining energy decreases

In all energy exchanges, if no energy
enters or leaves an isolated system
the entropy of that system increases"

-----

Est ce que ça vous est déjà arrivé de vous brûler sur un glaçon ?

"Pince !"

Ou de trembler de froid après une brûlure ?

"Scalpel !"

C'est vrai que nos corps, ils sont fichus un peu bizarrement des fois.

"Assistante ! J'ai dis SCALPEL, TOUT DE SUITE !"

Les ronchonnements rageurs de Vlummeg n'arrivent pas à cacher les cris et les pleurs plaintifs et aigus, à pleins poumons, comme ceux d'un enfant qui appelle désespérément sa mère pour le rassurer après une chute.

La chute avait été brûlante d'abord, puis froide. Glaciale. Le monde avait subitement disparu, quelqu'un a éteint toutes les lumières, et puis l'odeur de l'écorce brûlée était montée dans l'air, et après plus rien. Il s'était époumoné et ses hurlements se sont répercutés sur tout les murs en métal, l'assistante s'était figée en voyant l'écorce nue se strier de noir, l'enfant se tordre. Il avait essayé de frapper contre le parois de verre, mais son petit corps maigre n'avait pas assez de force.

Il avait fallu que Vlummeg arrive, pousse l'assistante tétanisée, et arrête tout lui même. Il a laissé le liquide se drainer, le corps tomber sur le sol, et avait immédiatement ordonné qu'on s'occupe des soins.

Les assistants regardaient l'asura en hésitant à parler. Leurs visages parlaient pour eux même: il n'y avait pas grand chose à récupérer du sylvari sur la table. De son cou jusqu'aux pieds, tout ce qui avait trempé était noir, brûlé. Ses membres tremblaient, secoués par les spasmes de ses muscles qui hurlaient silencieusement. Et ses yeux...

Non, c'était franchement irrécupérable. Pourquoi Vlummeg s'acharnait autant ?

"Confondre la solution de nano croissance avec de l'acide limonique, vous vous FICHEZ DE MOI ? Une erreur ? C'EST UN ATTENTAT ! Vous saccagez mon travail !"

Personne ne bronche. Il vaut mieux éviter, avec lui, de toutes façons. Quelqu'un va déjà avoir de sales problèmes... Et personne dans la pièce ne désirait être rajouté à la liste.

"Quand vous aurez terminés de loucher sur votre oeuvre, vous vous occuperez peut être DE LE FAIRE TAIRE ?!"

Soudain la débandade de ceux qui n'avaient rien dans les mains pour faire semblant d'être occupés, autour de la table c'est l'agitation, la danse des tubes et des outils plus ou moins identifiable, des solutions étranges, mais les cris ne meurent pas... Pas avant un long, bien trop long moment. De bien trop longues heures.

Ecartant délicatement les parois du crâne avec ses pinces, un large sourire acéré vrille la face de Vlummeg, alors qu'un léger ronronnement mécanique se fait entendre.

"La sonde est intacte. Stabilisez le, et ramenez le dans sa cellule. Et si l'un d'entre vous m'abîme le 49F comme celui là je vous..."


----

Energy continuously flows from being
concentrated to becoming dispersed
spread out, wasted and useless

New energy cannot be
created and high-grade
energy is being destroyed

An economy based on endless
growth is unsustainable


---



Il avait réussi à tenir en place pendant plus de 4 minutes 42 secondes. C'était un nouveau record qu'il venait de franchir, alors qu'il reste à moitié allongé sur le sol, le regard tourné vers le plafond de la cosse, souriant, agitant ses mains pour mimer ses paroles qui n'avaient aucun sens. Les couleurs. Il parlait encore des couleurs. La petite pousse hystérique place ses mains devant son visage, les observant un instant avec son monocle mécanique, avant de les tendre vers son interlocuteur, comme pour lui montrer. Regarde ! Elles sont grises, mes mains. Moi je suis tout gris.

Le second né, à ses côtés, sourit doucement, vient délicatement prendre les mains du Sylvari, pour les poser contre son torse, essayant d'achever de le calmer. Il murmure à la petite pousse. Non, il n'est pas gris. Il est marron, avec quelques touches de vert, aux feuilles blanches comme la neige. Mais certainement pas gris.

Les lèvres de Sateil Naast s'étirent à nouveau dans un large et sincère sourire, alors que tout son visage s'éclaire pour devenir la définition même du bonheur. Sauf son seul oeil visible, qui demeurait inexpressif, le reste de l'iris encore visible fixant sans voir l'autre bout de la cosse. Mort.

Mais il s'en fiche. De ses yeux comme de Vlummeg.
Tout ce qui lui importe, c'est les couleurs.

Il voit Tiglio fermer les yeux, et commencer à lui décrire les couleurs. Le bonheur laisse place à l'émotion, puis son visage se détend, au fur et à mesure qu'il se concentre pour essayer d'imaginer les couleurs que le second né lui décrivait. La petite pousse dégage une de ses mains de celles de Tiglio, et va retirer son monocle, pour le fourrer dans une des poches de son grand manteau de cuir, tâtonnant à l'aveugle.

Dans son esprit, la nuance de gris qu'était le vert se teinte des odeurs de la forêt, de l'herbe fraîchement coupée. Et le rouge devient une chaleur et une brûlure, le marron a le relent de la terre humide, toutes ses saveurs amères et compliquées, pourtant authentique...

Non, Sateil Naast, numéro 48F, ne pourra certainement plus jamais voir les couleurs.

Mais il serre les mains de Tiglio entre les siennes, un sourire heureux, béat, figé sur son visage. Ses yeux aveugles ouverts sur le plafond de la cosse.

Oh oui, peu lui importait Vlummeg, ses médicaments, son mal de tête persistant et le fait qu'il soit absolument, complètement largué dans ce monde qu'il ne connaissait pas.

Parceque ce soir là, dans les bras d'un second né, il avait pu ressentir les couleurs.

----

The fundamental laws of
thermodynamics will place fixed
limits on technological innovation
and advancement

In an isolated system, the entropy
can only increase
A species set on endless
growth is unsustainable


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MessageSujet: Re: Pages déchirées au hasard   Jeu 19 Fév - 14:11


04. Ardhanar'Isha- "Nous pansons les blessures des autres. Mais personne ne soigne les guérisseurs."

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Your flesh, your bones, your skin
Your grayest day of sin
It's all a part of me now

I have these pages torn
And crumbled on the floor
When we were younger then
I have a heavy heart
It doesn't wanna start

To love you again


---

Spoiler:
 

---

The time it ticks away
Your hands they slowly say
The words I dare not speak

Your soul it's black and white
Our shadows dance at night
Atop a lonely peak

---

Spoiler:
 

---

Now I'm free...
Now you are free...

Now we're free
Now we're free

---
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