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 Chroniques Norns

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MessageSujet: Chroniques Norns   Mer 21 Jan - 16:26

Recueil de pensées, philosophies, légendes, contes et chants norns



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1328, Hall des Légendes.

Je sais que nombreux sont ceux qui pensent que nous sommes des brutes. Des guerriers solitaires, dont le seul but n'est que l'établissement d'une légende qui leur semble éphémère. Des aventuriers sans cervelle, dont le maître mot est la violence, qui ne cessent de s'imbiber d'alcool à la moindre occasion. Comment leurs en vouloir? Comment leurs expliquer qui nous sommes, ce que nous sommes? Comment leurs apprendre ce que le plus jeune de nos enfants sait? Tout histoire doit avoir un début, peu importe si, comme la nôtre, elle est brumeuse.

Certains racontent que nous sommes des Kodhans. Que trop faible, ou puissant, nous avons muté. Que nous avons perdu notre sagesse et notre fourrure. D'autres affirment que nous venons des jotuns, et, qu'à leurs chutes, il y a de cela des siècles, si ce n'est plus, nous avons muté, une nouvelle fois, pour survivre. Les plus farfelus jurent que nous sommes des humains, croisé avec une race de géants, dont nous avons volé les pouvoirs. Plusieurs fois, on m'a demandé quelle était la réponse, d'où nous venions. Je l'ignore. Je m'en moque. Nous nous en moquons même. Peu importe qui nous étions par le passé, nous ne le sommes plus maintenant. Nous sommes Norns. C'est là qu'est l'essentiel. Nous laissons aux autres races le loisir de s'interroger sur leurs ascendances. Nous laissons aux humains la volonté de vivre guidé par ceux dont les ancêtres furent grand. Nous laissons aux charrs leurs armées raciales. La soif de connaissance des asura ne nous intéresse pas, tout comme les histoires des sylvari. Qu'ils continuent à suivre la voie qu'ils se sont tracé eux-même il y a des années.

J'ai beaucoup voyagé, dans ma jeunesse. A la recherche de la gloire, du combat, d'une chasse, dont la traque, dont la prise, serait mémorable. Aujourd'hui, je suis plus veille. Plus sage aussi, sans doute. Je n'ai pas à rougir de ce que j'ai fait de ma vie. Je ne regrette rien. Je suis libre, et les choix que j'ai fait, je les ai fait en toute connaissance de cause. J'ai vu de nombreuse chose, là où mes pas m'ont porté. Parfois intriguante, parfois aberrantes. Des immenses pavillons de pierre, pour un seul homme, alors qu'au-dehors, son frère mourrait de froid et de faim. Des pendaisons, pour punir un voleur dont le seul crime était d'avoir pris une pomme sur un verger pour se nourrir. J'ai vu des armements charr, capable de détruite toute forme de vie sur plusieurs mètres, brûlant l'herbe et les forêts, ne laissant que mort et désolation dans leurs sillages. Des expériences d'asura, changeant la nature même de la terre, modifiant ce qu'ils nomment gravité, et des sylvari préférant anéantir ceux de leurs races s'étant écarté de leurs modes de pensés plutôt que de leurs prêter l'oreille. Je sais que nous sommes différents. Que nous n'avons pas les mêmes buts, les mêmes idéaux. J'ai essayé de comprendre, vraiment. Je les ai interrogé. J'ai essayé de me mettre à leur place, de voir la vie sous l'angle selon lequel il la voyait. A chaque réponse qu'on me donnait, seul mon incompréhension grandissait. Ils disaient faire cela au nom de l'ordre et la liberté, mais pour qui?

J'en suis ressortie triste et fière. Triste pour eux, pour la vie qu'ils s'étaient choisie, et fière d'être Norne. Aucun des nôtres n'est mort de faim, si de la nourriture était à portée. Aucun des notres n'est mort de froid, en frappant en vain contre les portes d'un pavillon. Nous sommes peut-être loin d'être parfait, mais avons-nous jamais essayé de l'être? Peu nous importe leurs régles, leurs lois. Ici, elles n'existent pas. Ici, nous vivons. Ils tentent de mettre le monde en cube, de le plier selon leurs désirs, pour qu'il corresponde à ce qu'ils pensent vrai. Pourquoi faire? Ne peuvent-ils pas se contenter de le prendre comme il est, sans se préoccuper de la manière dont ils peuvent en tirer profit, de savoir comment il est fait, ou tout simplement de le détruire par leurs actes? Pourquoi continuer la chasse, quand le trophée est là, quand les réserves sont pleines et que la viande vient à en déborder? Quelle importance de savoir comment la lumière se déplace, tant qu'on peut voir le soleil, chaque matin, gravir nos monts, et illuminer les pentes enneigés de son feu. Pourquoi chercher à construire des engins capables de noyer une vallée entière sous une pluie de mort? Comme des enfants, ils courent, quand ils devraient marcher. Ils détournent le regard, quand ils devraient observer ce qui les entoure. Ils sont préssés de commencer, et on hâte de finir. Le plaisir simple du feu qui crépite dans la cheminée leur est étranger. Ils ignorent tout de la joie qui peut étreindre un coeur lorsqu'on fend une bûche d'un simple coup de hache. Ils ne savent rien du vent qui chante, et du blizzard qui hurle, des glaciers qui se mouvent en murmurant dans la nuit, et de la caresse de la neige fraiche contre la peau. Ni même du rire d'un ruisseau au printemps, ou des bonds des poissons qui remontent le courant. Pour eux, il n'y a qu'un vent, mauvais, qui les repoussent. La glace et la neige, gelée, sont froides et donc néfastes. Un ruisseau n'est que de l'eau, et le poisson n'est beau que dans une assiette. Un Norn aveugle verrait plus qu'un humain doté de ses deux yeux.

Je m'égare. Nous ne sommes que des brutes. On oublie trop souvent nos skaald, nos poèmes, nos chants. On oublie facilement les immenses statues d'Ourse, de Loup, de Panthère et de Corbeau, qui se dressent sur le chemin menant à Hoelbrak. De même que les statues géantes qui se dressent devant chaque pavillon du val. S'ils ignorent si ceux-ci sont en cristal ou en glace, ils savent que tout ceci a été taillé à la main, sans magie ni sortilège. Il n'y a aucune aspérité. On pourrait passer la main d'un nouveau-né sur tout son long sans le couper. Prennent-ils cela en compte dans leurs esprit étriqué? Surtout pas. Nous sommes des brutes sans cervelle, nous le resterons.

Je me suis souvent demandé d'où pouvez bien venir cette drôle d'idée nous concernants. Peut-être est-ce dû à nos légendes? Beaucoup, je le sais, aimerait écrire la leur dans le sang, en abattant un ennemi puissant. La jeunesse, bien souvent, se tourne vers cette option. Peut-être est-ce pour cette raison que les autres peuples nous traitent de barbare. Le combat nous fait vivre, pour la plupart. Nos ennemis sont nombreux, il faut dire. Néanmoins, ce n'est pas le seul moyen d'écrire sa légende. J'ai bien connu un chasseur, qui a traqué la même proie pendant plus de dix ans. La même bête. Certains y verraient là un échec, du fait de sa durée. L'échec n'existe pas pourtant chez nous. Il n'y a que des nouveaux défis. Aujourd'hui, nous chantons sa ténacité, et il est un modèle. Celui du norn qui ne recule jamais. Il y a eu aussi cette norne, et sa cuisine. Je ne crois pas avoir un jour aussi bien mangé que ce qu'elle m'avait préparé. Du sanglier, dont la viande était si fondante, le jus si bon, et l'odeur si enivrante, qu'il aurait fait se relever un mort. Leurs légendes sont aussi grandes que nos guerriers. Parfois plus encore.

Oui, nous faisons la fête pendant nos festibière. Nous buvons, parfois jusqu'à en perdre le sens des réalités. Certains se battent, pour tester leurs forces et leurs résistances face à d'autres. Ce n'est pourtant pas son but premier. Si nous nous réunissons, c'est avant tout pour avoir des nouvelles du monde extérieur, que nous rapportent les voyageurs, et surtout nous souvenir de nos ancêtres. De leurs légendes. Parfois, c'est même l'occasion d'en chanter des nouvelles, en apprenant qu'untel à fait une action des plus mémorables. Nous les chantons, eux et leur exploits. Skaald et conteurs leurs rendent hommage. Nous n'écrivons rien. Les parchemins auraient brûlé dans les flammes, les pierres auraient fondu sous les assauts des pluies et du temps, que nous nous rappellerions toujours de leurs actes. Les étoiles chuteraient, que les noms d'Asgeir, de Gaerta, de Setta, ou encore de Brouillandre nous parleraient encore.

Il n'y a pas de Norn plus célèbre qu'Asgeir. Il n'y a pas d'actes plus valeureux que les siens. Son nom, encore aujourd'hui, fait frémir nos coeurs. Nous inspirent. C'est en voulant suivre ses exploits que nous empoignons nos armes. Ses histoires résonnent à nos oreilles dès notre enfance. Le Norn qui a brisé la dent du Dragon. Le Norn qui nous a guidé, dans le Sud, jusqu'à un simple pavillon de chasse, qui est devenu Hoelbrak désormais. C'est notre fierté. C'est ce que nous rêvons d'accomplir. Le Norn véritable. Pas pour ses exploits, pas que. Pour tout ce qu'il représente. Fier et indomptable.

Knut en est son digne héritier, et j'ai beaucoup de respect pour cet homme. Il m'est sympathique, et nous avons parfois eu l'occassion de discuter autour d'une chope. Tout le monde peut aller le voir à tout moment, que ce soit pour simplement lui rendre visite, ou lui exposer un problème. C'est quelqu'un de définitivement agréable et sympathique, pour peu qu'on apprenne à le connaitre.  Je sais que les autres races pensent que c'est notre chef, et qu'il l'est car son ancêtre était le plus grand d'entre nous, mais c'est faux. S'il garde Hoelbrak, c'est car le lieu était le pavillon de chasse de son ancêtre. Nous n'avons pas de chef, ni même de roi. Il nous représente auprès des autres races, car ceux-ci n'arrivent pas à comprendre que nous n'avons pas besoin qu'une personne nous donne des ordres. Et s'il le fait, c'est car nous l'avons estimé aussi sage que fort. Le skaald Stjarna pourrait en dire beaucoup sur ses exploits. Mais si un jour il venait à manquer de discernement, nous choisirions quelqu'un d'autre. Lui le comprendrait, et l'accepterait, car il est sage, et, par-dessus tout, Norn.

Beaucoup, encore une fois dans les autres races, s'étonnent que nous laissions les fils de Svanir  venir à Hoelbrak. Ils nous traitent de fou. Ils pensent que nous devrions les tuer à vue. Ce sont pourtant des Norns, comme nous. Devrions-nous chasser nos propres frères, comme du gibier un jour de famine? Nous aussi, nous avons tués, et ils ne sont pas responsable des pires exactions de leurs groupes. Le monde oublie que nous sommes libres. Nous n'avons aucun maître. Pour peu qu'ils ne provoquent pas de trouble, ils sont les bienvenues même. Nous ne mettons à la porte que les fauteurs de troubles et les plus pires d'entre eux. Chacun est libre de croire en ce qu'il veut. Chacun est libre d'écrire sa légende comme il l'entend. Il n'y a pas de mauvais choix. Il n'y a que des choix.

Au final, est-ce vraiment important qu'ils comprennent? Qu'ils savent ce que nous sommes, pourquoi nous vivons, pourquoi nous nous battons et pourquoi nous mourrons? Non, tant que nous nous souvenons de qui nous sommes. Tant que nous continuons à être ce que nous sommes. Norns.
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